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jeudi 5 mars 2015

Jacques Lacomblez


Dans tes yeux la main du temps coupée laisse à chaque regard un peu de sable ancien, tout ce qui reste des jours d'aimer dans les forêts de fontaines bleues.

- Non, tu ne rêvais pas : les roches nous avaient des caresses blanches et noires comme les fées qui dorment sous ta robe -

Ne te retourne pas, c'est toi la femme qui te suit, toi, s'il n'y avait déjà cette aile du soir à l'aube de ses cheveux.

Toi, si elle pouvait dire  « Je nous aime » comme une liturgie de cristal pour les instants sacrifiés. Je parle de celle qui te ressemble, et tout le paysage se perd en ton corps pour ne plus être que toi. Au séjour menacé, ainsi l'être se fait lieu dans la fraîcheur et la beauté d'une catastrophe naturelle. Je sais que tu m'attends avec la grâce et les parfums d'une seconde dans une chambre perpétuelle.

Alors, je trace autour de toi le château de mon absence.

Jacques Lacomblez, extrait d'Ici là ne pas. Dans Pour une phrase voilée (1986-1994). Bruxelles, Atelier Ledoux Éditions, 1996.

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